L’Association canadienne du diabète évalue à 2,2 millions le nombre de Canadiens et de Canadiennes souffrant du diabète, auquel s’ajoutent de nombreux cas qui n’ont pas encore été diagnostiqués. D’ici la fin de la décennie, la population canadienne atteinte du diabète aura franchi le cap des 3 millions. L’augmentation du nombre de cas diagnostiqués est due au vieillissement de la population, à l’augmentation des cas d’obésité et de la sédentarité, ainsi qu’à l’immigration de groupes à haut risque (de descendance hispanique, asiatique, sud américaine ou africaine). De plus, la population autochtone court trois à cinq fois plus de risques de développer un diabète de type 2 que le reste de la population canadienne. Le nombre de cas est également à la hausse chez les enfants; des données américaines suggèrent qu’un enfant sur trois issu de populations à haut risque sera diagnostiqué comme ayant le diabète de type 2 au cours de son existence.
Une autre grande source de préoccupation concerne les personnes qui ont été diagnostiquées comment étant en prédiabète, ce qui comprend celles qui souffrent d’une diminution de tolérance au glucose et/ou d’une anomalie de la glycémie à jeun. On considère en effet que ces personnes ont une propension élevée à développer un diabète de type 2 et/ou une affection cardiovasculaire si des stratégies de prévention liées aux habitudes de vie ne sont pas instaurées et suivies.
Le diabète de type 1 représente 5 à 10 % de tous les cas de diabète recensés. L’étiologie du diabète de type 1 met en cause une prédisposition génétique et la destruction auto-immune des cellules bêta du pancréas, responsables de la production d’insuline. Ceci entraîne une carence quasi absolue en insuline qui force la personne atteinte à recourir à un apport extérieur en insuline pour le reste de ses jours. Bien que le diabète de type 1 puisse survenir à n’importe quel âge — même chez les octogénaires et les nonagénaires —, la majorité des personnes chez qui se développe ce type de diabète n’ont pas encore 30 ans.
Le diabète de type 2 représente de 90 à 95 % de tous les cas de diabète. Les facteurs responsables de son développement sont à la fois génétiques et environnementaux. L’obésité — surtout l’obésité viscérale —, la sédentarité, le vieillissement et les régimes forts en lipides et en calories en sont les principaux facteurs environnementaux.
La clé de la prévention du diabète et de ses complications repose sur le diagnostic précoce et l’intervention. Le diabète de type 2 est une maladie évolutive qu’engendrent à la fois une résistance à l’insuline et une carence d’insuline. La résistance à l’insuline (une diminution de la sensibilité ou de la réactivité des cellules face à l’insuline) se manifeste par une augmentation des valeurs glycémiques postprandiales. Au fur et à mesure que la production d’insuline perd de sa vigueur (incapacité des cellules bêta), les niveaux de glycémie à jeun augmentent en raison de la production de glucose hépatique, surtout tôt le matin. Il a été établi que la meilleure façon de retarder la progression du diabète et de ses complications est d’exercer le meilleur contrôle possible sur sa glycémie.
Au fur et à mesure que le diabète gagne du terrain, il se peut qu’il faille modifier les besoins thérapeutiques requis pour atteindre les objectifs en matière de glycémie. Le traitement commence avec d’importants changements aux habitudes de vie, dont l’élaboration d’un plan d’alimentation saine et d’un régime d’activité physique. Toutefois, avec la dégénérescence des cellules bêta, plusieurs personnes devront commencer à prendre de l’insuline et/ou d’autres médicaments en conjugaison avec la thérapie nutritionnelle. Si tel est le cas, il est important que les personnes qui doivent gérer leur diabète comprennent que cela n’est pas causé par leur « nouveau régime alimentaire » ou par l’inefficacité des médicaments visant à réduire leur glycémie, mais bien parce que les cellules bêta de leur pancréas ne sont plus en mesure de produire l’insuline nécessaire pour assurer le contrôle adéquat de la glycémie.
Le diabète est aussi lié à l’hypertension et à la dyslipidémie, caractérisée par une augmentation des triglycérides, une diminution du cholestérol associé aux lipoprotéines de haute densité (HDL) et une augmentation du cholestérol associé aux lipoprotéines de basse densité (LDL), petites et denses. Il a été démontré que le contrôle de l’hyperglycémie, de l’hypertension et de la dyslipidémie permettait d’atténuer les complications associées au diabète telles que les maladies cardiovasculaires, les complications microvasculaires et les affections du système nerveux. Les Lignes directrices de pratique clinique de l’Association canadienne du diabète sont présentées dans le Tableau 1 (5).