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Le diabète et les antioxydants

Les antioxydants sont souvent présentés comme des nutriments miracle pouvant prévenir et traiter des maladies, dont le diabète. Toutefois, les études portant sur le rôle des antioxydants dans la prévention et la gestion du diabète sont contradictoires. Alors sur quels faits connus sur les antioxydants une personne diabétique peut-elle se fier ?

Que sont les antioxydants ?

Les antioxydants existent sous plusieurs formes, dont les vitamines, les minéraux et autres substances présentes dans les aliments. Il y a des centaines, pour ne pas dire des milliers d’antioxydants. (Pour une liste partielle des antioxydants et des aliments qui en contiennent, consultez le tableau qui apparaît à la page suivante.) Les antioxydants aident à protéger les cellules contre les dommages causés par des molécules néfastes appelées radicaux libres, et qui sont associés au cancer, aux cardiopathies et autres maladies. Les radicaux libres sont des déchets générés par des processus physiologiques normaux, ainsi que par l’exposition à des polluants tels que la fumée de cigarette et les radiations. Les personnes diabétiques semblent produire davantage de radicaux libres et pour cette raison, les chercheurs se demandent si un apport plus élevé en antioxydants pourrait aider à prévenir les complications qu’entraîne le diabète.

Le diabète et les antioxydants

L’hyperglycémie (taux élevé de glucose sanguin) accentue les effets néfastes des radicaux libres. Ces effets peuvent contribuer aux complications au niveau des reins et des yeux, ainsi qu’à hausser la tension artérielle et influer sur la concentration de lipides dans le sang (dyslipidémie). Étant donné que les antioxydants protègent contre les effets néfastes des radicaux libres, les chercheurs croyaient à l’origine que les suppléments d’antioxydants pourraient être bénéfiques pour les personnes souffrant du diabète. Malheureusement, aucune étude n’a jusqu’à ce jour validé cette hypothèse. Bien que certaines études aient démontré que la vitamine E pouvait avoir un effet protecteur sur le cœur et les vaisseaux sanguins chez les personnes atteintes du diabète de type 1, les mêmes effets n’ont pas été remarqués chez les personnes atteintes du diabète de type 2. Chez les sujets non diabétiques, il a été démontré que les suppléments de vitamine E et de bêta-carotène pouvaient en fait contribuer à augmenter les risques de certains cancers. Les essais portant sur les antioxydants de type acide alpha-lipoïque (ALA) ont été davantage concluants que ceux portant sur la vitamine E. En effet, lorsqu’il était administré par voie intraveineuse, l’acide alpha-lipoïque a contribué à soulager les symptômes de la neuropathie chez les personnes diabétiques qui en souffraient.

En conclusion, les études portant sur le lien entre le diabète et les antioxydants sont peu nombreuses et sont basées sur des doses élevées d’antioxydants, administrées sous forme de suppléments. Seuls certains antioxydants ont fait l’objet d’études, qui ne sont pas assez approfondies pour permettre d’en déduire des recommandations fermes. De plus, d’autres études ont démontré que les médicaments usuels pour traiter le diabète et ses complications, telles que l’hypercholestérolémie et l’hypertension artérielle, jouent davantage un rôle antioxydant que ne le font les suppléments d’antioxydants !

Les aliments, les épices et les nutriments contenant des antioxydants

Bien que les suppléments d’antioxydants ne soient pas recommandables pour prévenir ou traiter les maladies, il reste que le fait de consommer une variété d’aliments qui sont sources naturelles d’antioxydants peut contribuer à nous protéger de certaines maladies. Par contre, les études existantes portant sur des aliments, épices ou nutriments en particulier ne sont pas concluantes.

Des études préliminaires ont démontré que certains aliments tels que le melon amer, la plante gymnema (indigène de l’Inde et de l’Afrique), le ginseng coréen, les oignons, l’ail et les graines de lin moulues  pouvaient contribuer à réduire la glycémie sanguine. Par contre, les preuves existantes ne sont pas suffisantes pour appuyer ces découvertes. Alors que certaines études ont identifié la cannelle comme étant efficace pour réduire la glycémie sanguine, les triglycérides, le cholestérol LDL (également appelé « mauvais » cholestérol) et le taux total de cholestérol chez les personnes souffrant du diabète de type 2, d’autres études ont conclus que la cannelle n’avaient aucun effet sur ces taux.

L’on prétend que certains nutriments en vente libre à la pharmacie et dans les magasins d’aliments et de suppléments naturels, tels que la biotine, la carnitine, le vanadium, le chrome, le magnésium, le zinc et les vitamines B3 (niacine), E et K,  pouvaient réduire le taux de glycémie sanguine. Ces « remèdes alternatifs », dont plusieurs seraient des antioxydants, n’ont pas fait l’objet de tests adéquats qui pourraient prouver leur efficacité, peuvent interagir avec d’autres médicaments et être ainsi potentiellement dangereux s’ils sont pris sans l’avis préalable d’un professionnel de la santé.

Le message à retenir

Les connaissances actuelles sur le rôle des antioxydants dans la prévention et le traitement des maladies ne sont pas suffisantes et aucune étude n’appuie la recommandation de suppléments d’antioxydants aux personnes souffrant du diabète de type 2. Le meilleur moyen de se défendre contre les radicaux libres est de suivre un régime alimentaire sain, de faire de l’exercice régulièrement et d’éviter le stress chaque fois que la chose est possible. Le maintien d’un taux de glycémie sain peut également permettre de réduire les effets néfastes des radicaux libres. Engagez-vous envers vous-même à assimiler les stratégies permettant de maintenir un taux de glycémie optimal et ce, jour après jour !

Le contenu de cette infolettre n’est donné qu’à titre informatif. Il ne doit pas remplacer l’avis d’un professionnel de la santé, un diagnostic ou un traitement. Consultez toujours un médecin ou autre professionnel de la santé qualifié pour toute question reliée à un problème de santé.

Les sources alimentaires d’antioxydants


Antioxydant

Sources alimentaires

Caroténoïdes – il existe plus de 500 sources de bêta-carotène et de lutéine

Fruits et légumes de couleurs orange et vert foncé, tels que patate sucrée, carotte, abricot, cantaloup ; légumes verts à feuilles tels qu’épinard et kale (chou frisé)

Flavonoïdes, ou polyphénols, tels que lutéoline, resvératrol, quercétine, anthocyanes, isoflavonoïdes et catéchines

Fruits, dont les pommes, les prunes et les baies telles que les bleuets et les canneberges, etc. ; thé, fève de soya, vin rouge, arachide et chocolat noir

Isoflavones, reliés aux isoflavonoïdes tels que les phyto-œstrogènes

Huiles de noix, de lin et autres, produits du soya, céréales de grains entiers, pains et légumineuses

Lycopène

Tomate, pastèque, goyave, papaye, abricot, pamplemousse rose et orange sanguine

Vitamine A

Foie, patate sucrée, carotte, lait, jaune d’œuf et fromages naturels

Vitamine C

Fruits, plus particulièrement les agrumes ; légumes tels que poivron, chou de Bruxelles, brocoli, légumes verts à feuilles et pomme de terre Russet

Vitamine E

Noix, graines et huiles de noix telles qu’amande, arachide, pacane, graine de tournesol, beurre d’arachide, huiles de tournesol, de maïs et de soya ; légumes verts à feuilles, patate sucrée, avocat, mangue et brocoli

Cuivre

Fruits de mer tels que les huîtres et les crustacés ; grains entiers, haricots, noix, pommes de terre, abats, légumes verts à feuilles foncées et fruits séchés

Fer

Viandes tells que le foie, le bœuf, le poulet ; les huîtres et les palourdes, le saumon et le thon, les haricots, les fèves de soya, les lentilles, les fruits séchés, l’épinard, le gruau, le jaune d’œuf, les céréales enrichies de fer et les grains entiers
Remarque : Le fer de source animale est plus facilement absorbé que le fer de source végétale. Le fait de manger des aliments de source animale ou des aliments contenant de la vitamine C contribue à favoriser l’absorption du fer contenu dans les légumes.

Manganèse

Viandes, dont le foie et les reins en sont les principales sources ; grains entiers tels céréales de grains entiers, boulghour et avoine ; noix, graines, germe de blé, légumineuses et ananas

Sélénium

Grains entiers dont le riz, le blé, etc. ; noix du Brésil, poissons, crustacés, volailles, viandes, haricots tels que haricots rouges, haricots pinto, haricots noirs ; œufs

Zinc

Viandes telles que le foie, le bœuf, l’agneau ; fruits de mer tels que les pétoncles, les huîtres et le crabe ; céréales enrichies, haricots, noix, grains entiers, produits laitiers

Glutathion

Légumes frais consommés crus, dont l’asperge, la pomme de terre, la patate sucrée, la carotte, l’oignon, le brocoli, l’avocat, l’épinard, l’ail, la tomates, la pommes, l’orange, la pêche, la banane et le melon ; les œufs et les produits laitiers

Coenzyme Q10

Poissons gras, tels que le saumon et le thon ; les abats, tel que le foie  les grains entiers

Acide alpha-lipoïque (ALA)

Légumes tels que l’épinard, la tomate, les pois et le chou de Bruxelles

Le contenu de cette infolettre n’est donné qu’à titre informatif. Il ne doit pas remplacer l’avis d’un professionnel de la santé, un diagnostic ou un traitement. Consultez toujours un médecin ou autre professionnel de la santé qualifié pour toute question reliée à un problème de santé.

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